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Ricardo Parvex

Résumé de thèse

L'impact de la Guerre froide sur les mouvements progressistes latinoaméricains

Notre travail postule l'idée que les mouvements révolutionnaires de l'Amérique latine ont été les otages de la Guerre froide. Celle-ci a constitué une sérieuse parenthèse aux luttes de libération nationale que les différents peuples latino-américains ont menées depuis leur indépendance. En effet, la confrontation Est-Ouest imposée par les deux grandes puissances au reste du monde a eu comme conséquence la disparition de l'énorme diversité de modèles et d'objectifs politiques existants dans la plupart des pays. Parmi ceux-ci, nous trouvons les nations latino-américaines (que nous appellerons indistinctement ibéro-américaines ou latino-américaines) qui, depuis le début du XIX siècle, avaient enregistré un nombre significatif de mouvements révolutionnaires. Ces luttes, dont celles menant à leur indépendance, étaient marquées par leur caractère populaire, nationaliste et anticolonialiste.

Au fur et à mesure que les Etats unis s'érigeaient en puissance géopolitique et que leurs visées continentales se faisaient pressantes, aussi bien théoriquement (la Doctrine Monroe et le principe de la Destinée manifeste) que sur le terrain (occupation du Texas, Guerre contre le Mexique et annexion d'un tiers de son territoire), l'anticolonialisme hispano-américain est devenu antiimpérialisme anti-Etats-Unis.

A la fin du XIX siècle et début du XX cet antiimpérialisme était clairement exprimé par des leaders comme José Marti, Pancho Villa, César Sandino...Les insurrections, guerres et soulèvements auxquels ces acteurs ont participé avaient un clair caractère populaire, nationaliste et antiimpérialiste. Ceci bien avant que le Communisme international n'ait vu le jour et parfois avant même que la révolution d'octobre ait eu lieu.

A partir de la fin de la II guerre mondiale la confrontation Est-Ouest, la « Guerre froide », est venue imposer une polarisation qui n'a jamais été le choix des peuples latino-américains mais qui finira par dénaturer leurs luttes et détourner leurs combats en enfermant leurs aspirations politiques dans un carcan dont les clés étaient à Washington ou Moscou.

Afin de démontrer le phénomène d'appropriation ou de phagocytose souffert par la « révolution latinoaméricaine » pendant et à cause de la Guerre froide (1945-1981) nous allons analyser deux expériences politiques qui ont marqué le passage du nationalisme populaire antiimpérialiste à la rébellion à caractère marxiste international. Elles sont la guérilla libérale colombienne à partir de fin des années cinquante ; la Révolution cubaine dès l'époque de l'assaut au Cuartel Moncada à nos jours.

Un phénomène comparable, mais avec un déroulement inversé s’est produit dans le cas du Mouvement de la Gauche Révolutionnaire (MIR) au Chili.

La disparition du Communisme historique avec l'effondrement des démocraties populaires de l'Europe centrale et de l'Est n'a pas empêché, bien au contraire, l'apparition en Amérique latine des nouvelles formes politiques radicales (Front Zapatiste de Libération Nationale au Mexique) ou d'expériences de gouvernement inspirée de l'anti-impérialisme, comme celles du Mouvement bolivarien du Vénézuéla, le MAS d'Evo Morales en Bolivie, ou la présidence de Rafael Correa en Equateur. Elle n'a pas empêché non plus le choix des formes de gouvernement clairemente progressistes comme l'ont été les trois mandatures du Parti des Travailleurs (PT) au Brésil ou du Frente Amplio uruguayen. Tout ceci est venu pouver la vitalité et l'actualité des diverses formes révolutionnaires populaires, nationales et anti-impérialistes.