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Nobuyuki Hirasawa

Résumé de thèse

« Flaubert : Le libéralisme en littérature »

Gustave Flaubert (1821-1880) a grandi dans un milieu libéral. Quatre sources d’influence se distinguent : son père, Achille Cléophas Flaubert, qu’il a reçu lui-même la formation libérale de l’abbé Salgues, et dont les opinions libérales étaient bien connues ; l’enseignement du Collège de Rouen où il a bénéficié des cours d’Adolphe Chéruel, un disciple de Michelet ; son meilleur ami, Alfred le Poittevin, dont les poèmes Ode à la Pologne et Mort de M. Armand Carrel (1836) témoignent d’un libéralisme républicain ; et l’influence d’un courant romantique libéral (Byron, Hugo, Michelet). Marqué notamment par ce « libéralisme en littérature » (Hugo, Préface d’Hernani, 1830) le romancier se définit lui-même : « Je suis un libéral enragé » (Lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 30 mars 1857) ; et il s’oppose au despotisme, qu’il s’agisse du pouvoir de l’État ou d’une idéologie comme celle des socialistes qui donne la primauté au collectif sur l’individuel. Sur ce point, ce « libéral enragé » se met en accord avec Tocqueville dans le désir de défendre l’individu à une époque démocratique où l’opinion publique joue un rôle de plus en plus grand. Selon Flaubert, « l’individu a été tellement nié par la Démocratie qu’il s’abaissera jusqu’à un effacement complet comme sous les grands despotismes théocratiques. » (Lettre à George Sand, 12 juin 1867). En ce sens, il dénonce l’idéologie socialiste en tant qu’« horreur pédantesque qui sera la mort de tout art et de toute moralité » (Lettre déjà citée, 30 mars 1857). Cette défense de l’individu est donc marquée par la préoccupation littéraire. Selon Flaubert, le Pouvoir et les masses sont, par définition, l’antithèse de l’art. Les masses n’essaient pas de comprendre ce qui les oblige à penser, et toute Autorité, désirant le monopole, n’aime pas l’Art parce que l’Art est « un autre pouvoir » (Lettre à  Maupassant, 19 février 1880). Contre cet instinct d’ignorance et ce désir du monopole, Flaubert manifeste au nom de l’art la « protestation de l’individu » (Lettre à Eugène Delattre,
10 janvier 1859). Dès lors, le libéralisme sous-tend une approche critique de tous les principes, un procédé qui caractérise son écriture. Dans notre travail, pour comprendre cet aspect critique de l’écriture de Flaubert, nous tenterons de mettre au jour sa position libérale dans les débats contemporains, et essayerons d’analyser ses textes littéraires en adoptant la méthode de l’histoire des idées.