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Publications des doctorants

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Katherine Russel

Résumé de thèse

Mon projet de recherche se propose d'étudier les communautés artistiques du Paris de l'entre- deux-guerres  et  aborde  les  questionnements  liés  aux  identités  -  raciales,  nationales, culturelles, sexuelles ou autres -  et  leurs articulations dans la  France coloniale de cette époque. Par communauté j'entends l'effort que chaque artiste et/ou écrivaine entreprend pour se forger un espace dont les dimensions sont à la fois politiques, artistiques et sociales. Plus spécifiquement, ce projet de thèse se focalisera sur trois groupes d'écrivaines ayant habité et travaillé à Paris.  Il s'agit des africaines-américaines telles que Jessie Fauset et Nella Larsen, des martiniquaises d'origine africaines, notamment Jeanne, Paulette et Andrée Nardal, ainsi que les états-uniennes lesbiennes blanches comme Djuna Barnes et Natalie Barney. Mon travail  consiste  donc  à  étudier  les  productions  artistiques, les  pratiques  politiques  et  la fabrique de savoirs alternatifs à ceux émanant de structures de pouvoir dominantes auxquelles ils répondent aussi. Ce qui est en jeu, c'est la création d'espaces, à la fois physiques et culturels, en tant que cette création est médiatisée par ces femmes, la place qu'elles occupent dans la capitale de l'empire français mais également la façon dont les rapports de pouvoir les y positionnent. Ainsi, mon travail s'articulera autour de trois méthodologies principales : les géographies  féministes  des  espace  urbains,  les  rapports  entre  les  espaces  (matériaux, discursifs, imaginaires) et les identités culturelles envisagées dans une perspective phénoménologique ainsi que l'articulation des races, des genres, et des sexualités dans la construction des identités.

My thesis concentrates on artistic communities living and working in interwar Paris and addresses questions tied to identity - racial, national, cultural, sexual or other - and its articulation in colonial France. Here, community is understood to be an individual and collective effort made by each artist and/or author to create political, artistic and social spaces. I focus specifically on three groups of women writers : African American women like Jessie Fauset and Nella Larsen, Martinican women of African descent, specifically, Jeanne, Paulette and Andrée Nardal and white North American lesbian women, such as Natalie Barney and Djuna Barnes. My work consists in studying their artistic and political practices and how these activities contribute to, or are examples, of alternative knowledge productions during this period of interwar France.   At stake are the ways in which these authors create a space - both physical and cultural - for themselves and their work in Paris but also how they position themselves in relation to, and are positioned by, certain power dynamics specific to French colonial society during this period. I therefore work with multiple but interconnected approaches - such as feminist urban geography and phenomenology -   to investigate the relationship between spaces (material, discursive, imaginary), cultural identity and the articulation of race, gender and sexuality in identity construction.