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Publications des doctorants

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Claire Laguian

Résumé de thèse

Déconstructions et reconstructions langagières dans la poésie d’Andrés Sánchez Robayna

Sous-titre : Lyrisme et sacralité à l’intersection des savoirs ontologiques, phénoménologiques, linguistiques, alchimiques, géologiques et insulaires. 
Sous la direction de monsieur le Professeur Henry GIL (LISAA)


L’œuvre du poète espagnol Andrés Sánchez Robayna (1952-), né et résidant aux Canaries, a vu le jour dès 1970. Depuis, l’artiste (également essayiste, philologue et traducteur prolixe) a publié de très nombreux recueils réunis pour l’instant dans En el cuerpo del mundo (2004) et La sombra y la apariencia (2010). Dans cette thèse de doctorat, nous nous centrons sur l’intégralité de son œuvre poétique, sans oublier d’éclairer nos lectures à partir de ses essais critiques et de ses Diarios, qui contiennent de véritables fragments d’autopoétique à la hauteur de l’importance de ses créations dans le panorama littéraire espagnol et européen.

Notre lecture du projet poétique d’Andrés Sánchez Robayna s’articule autour des mouvements de déconstructions et de reconstructions qui s’inscrivent dans une quête identitaire et une quête du langage aux accents orphiques. Les tensions déconstructrices et reconstructrices suscitées par une telle écriture poétique nous amènent à déceler la création d’interstices dans lesquels le langage connaît une épiphanie en perpétuel devenir, et en recherche continue de connaissance. Nous étudions comment l’écriture en archipel, et toutes les formes d’atomisation et de néantisation, illustrent une crise du sens et du sujet dans son acception mallarméenne, et comment la tentative de réconciliation des contraires, entre obscurité et lumière d’inspiration mystiques, permettent d’explorer les limites du langage, ses paradoxes, ses cercles et spirales à la recherche du big-bang du Logos.

Dans ces tensions entre déconstructions et reconstructions, la perspective d’analyse propre à la lyrique et à la poésie contemporaine est mobilisée, notamment dans sa veine métalittéraire, tout comme le dialogue fécond avec d’autres arts tels la peinture, la musique ou la sculpture. Dans la démarche de contemplation de la nature liée à l’introspection, les champs de pensée de l’ontologie, la philosophie présocratique, la phénoménologie sont utiles pour déchiffrer la construction d’une écriture marquée par le sacré et la recherche de l’origine. L’approche linguistique est également convoquée, notamment pour étudier les expressions langagières et syntaxiques de la « mystériosophie » caractéristique de la poésie d’Andrés Sánchez Robayna. Par ailleurs, d’autres savoirs viennent éclairer notre lecture littéraire des diverses constructions langagières par le prisme d’une lecture symbolique de l’élémentaire, notamment du minéral, et à travers la pensée de l’insularité. La géologie et la biologie, particulièrement dans le contexte canarien qui est celui de l’auteur, apportent des lectures plurielles sur cette œuvre multifacétique, tout comme le font l’alchimie et la chimie, ou l’architecture et la géométrie.