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Claire Laguian

Résumé de thèse

Faire et défaire le Monde : tensions et matérialité dans l’œuvre poétique d’Andrés Sánchez Robayna

Sous la direction de M. Henry Gil (Professeur Émérite, LISAA, UPEM) et Mme Claudie Terrasson (Professeure, LISAA, UPEM)

À partir d’une analyse de l’œuvre du poète et universitaire espagnol Andrés Sánchez Robayna (1952-, né et résidant aux Canaries) publiée entre 1970 et 2010, et à partir de ses essais critiques et ses Diarios, nous proposons dans cette thèse de doctorat une lecture qui s’articule autour des multiples dynamiques édificatrices traversant les recueils. La démarche dialectique et métaphysique du poète s’inscrit au sein d’une quête langagière et ontologique issue de la crise de la modernité. Les tensions à l’œuvre dans les poèmes et inspirées de la contemplation du paysage, notamment insulaire, suscitent la création d’interstices dans lesquels le langage connaît une épiphanie en perpétuel devenir. Cette recherche permanente d’une réconciliation entre le faire et le défaire permet d’explorer les édifications poïétiques qui font advenir le cosmos robaynien, grâce à un discours métapoétique fondé sur l’avènement des œuvres artistiques dans les textes. Par ailleurs, les mouvements de déstructuration qui morcellent, creusent, effacent et calcinent la matière verbale, permettent en même temps l’ouverture et l’unification ultime, dans une perspective sensible et spirituelle héritée des mystiques. Afin de faire affleurer les structures internes de l’architectonique robaynienne, nous mobilisons des analyses interprétatives du langage poétique à partir des outils proposés par des approches textuelles (métrique, rythmique, stylistique, sans oublier l’apport de la linguistique). La pratique poétique d’Andrés Sánchez Robayna se nourrit profondément de la tradition, et nos grilles d’analyse s’appuieront également sur le dialogue entre la poésie et les arts (musique, peinture, sculpture et architecture), et sur les perspectives philosophiques et sacrées, de la pensée présocratique aux mystiques apophatiques, des néoplatoniciens à l’alchimie, de l’ontologie à la phénoménologie. L’expérience du sensible et du corps immergé dans la contemplation dialogue avec celle plus intellectuelle et géométrique d’appréhension cosmique, mais toutes deux convergent vers la saisie éphémère de la matérialité du Monde. La puissance symbolique de la géologie et du minéral, conjuguée à celle de l’insularité, catalyse une resacralisation du langage, qui retrouve ainsi sa matière perdue et permet la poursuite de la quête ontologique.

Mots clés : Poésie de l’élémentaire ; Canaries ; Sacré ; Insularité ; Phénoménologie ; Métatextualité.

Doing and undoing the world: tensions and materiality in Andrés Sánchez Robayna’s poetic works

 

This dissertation offers a reading of the various framing structures in the poetic works, essays and Diarios published between 1970 and 2010 by Andrés Sánchez Robayna, a Spanish poet and academic born in the Canary Islands in 1952. The poet’s dialectical and metaphysical approach reveals a linguistic and ontological quest stemming from the crisis of modernity. The tensions to be found in the poems are inspired by a contemplation of landscapes, which are often insular, and lead to the emergence of interstices within which language experiences an epiphany in progress. This permanent search for a reconciliation between doing and undoing examines the poïetics of the Robaynian cosmos, thanks to a metapoetic discourse on the advent of artistic works in the texts. Besides, the disintegration processes which break up, cut into, cancel and calcine the verbal matter also allow for some opening and ultimate unification, in a sensitive and spiritual perspective inherited from the mystics. Tools from various textual approaches (metrics, rhythmics, stylistics, but also linguistics) are used here to analyse and interpret the poetic language and expose the internal structures of the Robaynian system. As Andrés Sánchez Robayna’s poetic practice owes much to tradition, our reading is also based on the dialogue between poetry and the other arts (music, painting, sculpture and architecture) and on philosophical and sacred perspectives, from the pre-Socratic thought to the apophatic mystics, from the Neoplatonists to alchemy, and from ontology to phenomenology. The experience of the tangible world by the body immersed in contemplation is intertwined with the one, more intellectual and geometric, of cosmic apprehension, yet both aim at some ephemeral grip on the materiality of the World. The symbolical strength of geology and the mineral, added to that of insularity, prompts a new sacralisation of language, thanks to which the latter retrieves its long-lost matter and rekindles the ontological quest.

Key words: Elemental poetry; Canary Islands; the Sacred; Insularity; Phenomenology; Metatextuality.