moteur de recherche

Ce qui compte

Jean-Paul Rocchi

« Ce qui compte fut d’abord un cahier, fait de toutes sortes de papiers, de photos, et de certains de mes textes ; poésie, lettres et messages ou études universitaires, tous cherchant à saisir comment l’affect imprime et conditionne la relation à l’art, particulièrement quand il ressortit au désir sexuel, au deuil, à la mélancolie. C’est au travers du filtre psychanalytique du transfert et de l’introjection qui permettent de penser le lien, celui qui relie et étrangle, et de faire l’archéologie de la dés-identification dont procède l’identité, que l’art est ici regardé. Pour sa médiation entre le soi et l’autre, leur différence que marquent inlassablement, comme autant de récits de vie, la naissance, la mort, l’amour perdu. La matière de Ce qui compte est le nombre, la valeur qu’il ordonne et le grain du temps qui passe. L’anglais en traduit le sens par le verbe et le nom : « matter » aussi bien que « count ». Sa structure tripartite répète et transforme l’obsession, éthique et politique, de demeurer vrai pour soi-même tout en acceptant d’exister comme l’autre des autres, le jeu des masques qui cachent le besoin impérieux d’écrire et de faire trace : 1) « Transcrire » ; 2) « Ecrire »; 3) « Réécrire » (…) S’y enracine une généalogie des savoirs et des savoirs-faire, entre intellection et émotion, pour entendre ce que l’œuvre d’art et/ou l’artiste réactive(nt) d’histoires de désirs et de sentiments, fussent-elles, récentes ou plus anciennes, primordiales et archaïques, vécues, fantasmées. Vécues car fantasmées. Comment cela in/dé-forme-t-il le regard sur l’objet? Qu’est- ce que l’objet affecté par le sujet continue de dire de lui-même ? Qu’est-ce que, en retour, l’objet affecté dit du sujet, ou contredit, interdit chez lui ? En quoi objet et sujet s’affectent-ils mutuellement et comment ce rapport détermine-t-il ce qu’il peut y avoir à connaître ? (...) ».

Lien HTML

 

Introduction fichier pdf