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Fiction et philosophie

Fiction et philosophie

Série « Gustave Flaubert »

Fiction et philosophie

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Même si Flaubert lit beaucoup de philosophie, la Correspondance témoigne d’une méfiance définitive à l’égard de la métaphysique à partir de la seconde moitié des années 1840 et il élabore une conception de l’œuvre comme « représentation » radicalement anti-discursive. Cependant il continue à lire beaucoup de philosophies. À partir de ses lectures favorites – des auteurs purement matérialistes comme Sade ou Lucrèce et Spinoza – Flaubert ébauche en pointillé, d’une lettre à l’autre, non un système philosophique cohérent et fortement articulé mais un ensemble mouvant d’idées récurrentes. Malgré l’élaboration d’un paradigme de l’œuvre et du sens qui va à l’encontre d’une conception de l’incarnation du sens, l’œuvre flaubertienne conserve un rapport au philosophique même – ou surtout – lorsqu’elle met en question les perspectives de la philosophie. Il est au centre de sa réflexion, de son esthétique et de son éthique parce que les pensées discursives étant frappées de discrédit voire d’immoralité (il y a une violence des discours chez Flaubert), il reste à régler différemment la relation de l’œuvre au cognitif.

C’est le rapport des romans flaubertiens au philosophique (et non la philosophie de Flaubert) dans la variété de ses modalités que se propose d’étudier ce volume en abordant à la fois des œuvres à débats et des œuvres en apparence sans philosophie. En effet, les philosophies sont tantôt mises en textes dans des débats qui montrent la pertinence de certaines questions philosophiques même si la philosophie est mise dans tous ses états par un travail de démontage (certains articles le montreront dans le détail des réécritures) et de sape, tantôt elles œuvrent  implicitement, fournissent des modèles d’intelligibilité, une logique qui agit dans la production du texte et l’organisation d’une poétique de l’œuvre.

Enfin, pour clore ce parcours, il nous a semblé aussi qu’il était intéressant de montrer comment un texte en apparence sans philosophie et sans thèse – Madame Bovary – habilement manipulé pouvait donner lieu à une lecture philosophique (l’invention du bovarysme ensuite transplanté dans le domaine politique) idéologiquement marquée et qui méconnaît totalement la perspective flaubertienne. C’est alors non plus le rapport de la fiction au philosophique qui est en cause mais une approche de la littérature par la philosophie qui cherche dans la fiction les garanties de ses thèses.

 

TABLE

Avant-propos par Gisèle SÉginger

fiction et philosophie

Une lecture philosophique et éthique de Madame Bovary. Bonheur, envie, amour, par Kazuhiro Matsuzawa

L’Empire du sensible, par Gisèle SÉginger

L'extase des dindons ou Bouvard et Pécuchet entrent en philosophie, par Michael A. Soubbotnik

Le beau dans tous ses états – Le moment esthétique dans Bouvard et Pécuchet, par Stéphanie Dord-Crouslé

La « puissance de l’image ». Bouvard et Pécuchet, disciples de Taine ?, par Florence Vatan

Les deux colonnes. Mise en scène fictive de la philosophie, par Juliette Grange

Le bovarysme : une philosophie réactionnaire ?, par Delphine JAYOT

Études

Un rêve de pierres. Salammbô et l’Histoire naturelle de Pline, par Agnès BOUVIER

La Tentation de saint Antoine et le Second Faust. L’allégorie de la Science, par Taro Nakajima

INEDIT

Le dossier « Philosophie » de Bouvard et Pécuchet : Hegel et Spinoza, par Atsushi YAMAZAKI

Document inédit : Notes de Flaubert sur la philosophie de Spinoza et de Hegel (transcription)

CARNET CRITIQUE

Éric Le Calvez, Gustave Flaubert. Un monde de livres (par A. Herschberg-Pierrot) – Didier Philippot, Gustave Flaubert (par J. Neefs) – Jacques Rancière, Politique de la littérature (par P. Campion) – Anne Herschberg-Pierrot. Le style en mouvement. Littérature et art. Belin, 2005 (par S. TRIAIRE) – Nouvelles lectures de Flaubert. Recherches allemandes. Textes réunis par Jeanne Bem et Uwe Dethloff avec la collaboration d'Aurélie Barjonet (par É. Reverzy). Bertrand MARCHAL, Salomé : entre vers et prose. Baudelaire, Mallarmé, Flaubert, Huysmans (par É. REVERZY) – Kazuhiro MATSUZAWA. Actes du colloque Le texte et ses genèses, Nagoya University, 2004.