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Visibilité et invisibilité des savoirs des femmes: les créations, les savoirs et leur circulation XVIe-XXIe siècles


Porteuse du projet : Caroline Trotot, MCF LISAA EA4120, UPEM.

Durée du projet : 2017-2018

Malgré les obstacles qu’on leur a opposés, dès l’Antiquité, des femmes développent des savoirs spécifiques et universels. Les catalogues de femmes illustres louant la poétesse Sapho ou la mathématicienne Hypathie en faisaient état. Or tout se passe comme s’il fallait perpétuellement redécouvrir ces figures pour dévoiler le rôle qu’elles ont joué, comme si elles étaient effacées. Il semble qu’il faille ainsi rééditer le geste d’invention qui a été le leur pour qu’elles soient en quelque sorte doublement reconnues. Au-delà des nombreux travaux récents et en cours pour écrire une histoire paritaire, nous proposons d’interroger les mécanismes de visibilité et d’invisibilité qui régissent les savoirs des femmes pour que leur mise au jour ne soit pas vouée à une circularité infernale de découverte et d’oubli.

Le projet co-financé par l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée dans le cadre d'un super BQR accordé par la commission de recherche et par l’association AWARE réunit au départ des chercheurs et des chercheuses de littérature française, des arts, des hispanistes et des anglicistes ainsi que des informaticiens (EA LISAA 4120 UMR LIGM 8049). Il s’appuie sur des collaborations internationales avec des collègues des universités de Los Angeles (USC), de Bâle (Suisse), de Rimouski (Canada), de Vittoria (Brésil). Il associe des artistes et les étudiants de lUPEM de plusieurs formations, invités à participer à la diffusion des connaissances produites grâce à des productions multimédia.

Lien vers le site web Femmesavoir (https://femmesavoir.hypotheses.org/)
Lien vers le site de l’association AWARE (http://www.awarewomenartists.com/)

 


 

Ø

 

Jeudi 8 et vendredi 9 novembre 2018 (copie 2)

Visibilité, invisibilité des savoirs des femmes - Dynamiques et stratégies à l’œuvre



Colloque international
8 & 9 novembre 2018

Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Auditorium de la BU Georges Perec
Rue des Frères Lumière 77420 Champs-sur-Marne

 

Organisatrices (UPEM, EA LISAA 4120)

Claire Delahaye
Isabelle Mornat
Caroline Trotot

Comité scientifique

Olivier Brossard (UPEM), Michèle Clément (Lyon 2),
Isabelle Garnier (Lyon 3), Natania Meeker (USC Los Angeles),
Béatrice Mousli (USC Los Angeles), Camille Morineau (AWARE),
Isabelle Mornat (UPEM)


Jeudi matin 8 novembre

9h30 Introduction
Stratégies auctoriales de visibilisation
Présidence : Michael Soubbotnik

10h Jeanne CHIRON, Université de Rouen
Leprince de Beaumont : stratégies et prises de positions d’un « auteur femelle » dans le Londres des années 1750

10h30 Beatrijs VANACKER, Université Leuven ; Research Foundation Flanders (FWO)
« De la part de l’auteur » Réseaux, stratégies et postures (para-)textuel(le)s dans la vie et l’œuvre de Marie-Elisabeth de La Fîte

11h15 Pause

11h30 Caroline TROTOT, UPEM
Charlotte Duplessis-Mornay (1548-1606), singularité paradoxale de ­l’écrivaine au miroir du mari élu

12h Edwige KELLER-RAHBÉ, Université Lumière Lyon 2
Visibilité/invisibilité des femmes dans le marché du livre au xviie siècle : ce que nous apprennent les registres d’inscription des privilèges de la Communauté des imprimeurs et libraires de Paris


Jeudi après-midi 8 novembre - Pouvoir, écriture et savoirs

Présidence : Isabelle Mornat

14h Nadine KUPERTY-TSUR, Université de Tel Aviv
Jeanne d’Albret : Légitimation et savoir d’une femme de pouvoir

14h30 Hélène BAH, UPEM
Elisabeth dans ses lettres à Descartes : entre notoriété politique et reconnaissance philosophique

15h Claire DELAHAYE, UPEM
Diffuser le combat suffragiste  : réécriture de l’histoire et mémoire publique

15h45 Pause
Quels lieux pour les savoirs des femmes ?
Présidence : Isabelle Mornat

16h15 Michèle IDELS, Avocate, co-directrice des Éditions des femmes ­Antoinette Fouque et Christine ­VILLENEUVE, Juriste, co-directrice des Éditions des femmes-Antoinette Fouque
La levée de refoulement sur la création des femmes

16h45 Karine LAPEYRE, Université Paris-Est Créteil
Le Lyceum féminin de Madrid (1926-1939) : un cas éphémère de visibilité des femmes en Espagne

17h15 Kika Fumero et Paz Montalbán
La plateforme https://lyceumclubfemenino.com/

Vendredi matin 9 novembre - Résistances masculines aux savoirs des femmes
Présidence : Romain Menini

9h30 Claude LA CHARITÉ, Université du Québec à Rimouski
« Marie de Romieu n’a pas existé » Autorité et désattribution des premières œuvres poétiques (1581)

10h Sarah BENHARRECH, University of Maryland à College Park
Une vie biffée : Mme Dugage de ­Pommereul (1733-1782) botaniste au Jardin du roi

10h45 Pause

11h Jonathan BARKATE, UPEM
Clara au pays de Malraux : de l’autre côté du miroir des limbes

11h30 Virginie TAHAR, UPEM
Les oulipiennes sont-elles des oulipiens comme les autres ? Étude de l’émergence des savoirs des femmes dans un collectif d’origine masculine

Vendredi après-midi 9 Novembre - Perspectives épistémologiques
Présidence  : Juliette Azoulai

14h Dominique BRANCHER, Université de Bâle
Y a-t-il une herméneutique féminine ? Les péripéties de la matrice

14h30 Michael SOUBBOTNIK, UPEM
Jane Ellen Harrison (1850-1928) une lecture féministe de la religion grecque  ?

15h Carline Blanc, UPEM
Les savoirs féminins par les chemins détournés dans Tell My Horse de Zora Neale Hurston

15h45 Pause
Images, modèles et réception
Présidence : Sylvie Thouard

16h Thibaut CASAGRANDE, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
Autrice/actrice, dans le reflet de l’autre : Anne Wiazemsky, de l’écran au roman

16h30 Özlem DAGOGLU, Université de Montréal
Mihri Rasim, portraitiste turque et pionnière féministe : l’exception qui confirme la règle

17h Laurence PRAT, Photographe
Femmes, savoirs et photographie

Programme
Affiche

Lundi 14 mai 2018

La performance : Un espace de visibilité pour les femmes artistes ?



Journée d'étude organisée par Carole Halimi (MCF Histoire de l'art contemporain, Université Paris-Est Marne-la-Vallée) et Juliette Bertron (ATER Université Paris-Est Marne-la-Vallée)


09h-17h

Beaux-Arts de Paris - Amphithéâtre des Loges
14 rue Bonaparte - 75006 Paris

Programme
Affiche

Cette journée d’étude prend place dans le cadre plus général d’un programme de recherche interdisciplinaire intitulé Visibilité et invisibilité des savoirs des femmes : les créations, les savoirs et leur circulation XVIe-XXIe siècles. Elle a pour objectif d’interroger l’impact de la performance sur la visibilité des femmes artistes, en explorant notamment en quoi elle a pu constituer un terrain de prédilection pour l’expression des revendications féministes.
La performance représente non seulement un savoir dans l’histoire de l’art du XXe siècle, mais mobilise également d’autres savoirs, impliquant le corps, la société ou encore l’action au sens large. Sans prétendre à une approche exhaustive du médium, nous chercherons à mettre en relief sa capacité à mobiliser des savoirs où les femmes sont à la fois actrices, créatrices et sujets.
Ainsi, il conviendra de considérer la performance sous l’angle de son histoire, comme un espace questionnant, dans un rapport dialectique, la visibilité et l’invisibilité des savoirs des femmes, mais encore de considérer la performance sous l’angle de son historiographie.
Enfin, il s’agira d’interroger la performance à l’aune du féminisme. La visibilité d’une performance passant souvent par celle du corps, qui de manière générale y occupe une place cruciale, nous organiserons les interventions autour de trois axes principaux destinés à encadrer laréflexion : le corps exposé : proportions
et mouvements; l’intime et la sexualité; l’interaction avec le social.

Jeudi 19 et vendredi 20 avril 2018 (copie 2)

Visibilité, invisibilité des femmes de lettres françaises ou francophones


Symposium USC Los Angeles, 19-20 avril 2018, organisé par Béatrice Mousli (University of Southern California) et Caroline Trotot (Université Paris-Est Marne-la-Vallée-LISAA EA 4120)

Programme
Affiche

Le projet Visiautrices « Visibilité des femmes de lettres dans l'enseignement du secondaire et du supérieur » (Réseau National des Maisons des Sciences de l’homme-CNRS) visiautrices.hypotheses.org, porté par Philippe Gambette, Maître de conférences en informatique à l’Université Paris-Est, met en évidence les nombreuses résistances des institutions scolaires, universitaires, académiques ou encore éditoriales à la diffusion et à la valorisation des textes écrits par les autrices en langue française. Il a fallu une pétition pour qu’une œuvre écrite par une femme figure parmi celles inscrites au programme des épreuves du baccalauréat en 2017-2018, succédant à quinze années de programmes constitués exclusivement d’œuvres écrites par des hommes. Nombre de personnes se sont aussi interrogées sur le palmarès exclusivement masculin des prix littéraires français décernés par des jurys professionnels à l’automne 2017. Quand on questionne de manière improvisée des diplômé.e.s de l’enseignement secondaire et supérieur, la plupart ne se souvient pas d’avoir étudié des textes d’autrices et se dit que les femmes n’ont pas écrit ou n’ont pas publié. Les écrivaines sont invisibles et de ce fait leurs créations sont niées, reléguées aux « silences de l’histoire » . De nombreux processus ont concouru et concourent à une invisibilisation : inégalité dans l’accès à la culture et à l’édition, place des hiérarchies sociales et des mécanismes de reproduction dans la construction de la valeur, comme  dans celle de l’auctorialité, ou encore sexisme linguistique par exemple . Les femmes paraissent insignifiantes du point de vue de la construction du savoir de l’histoire littéraire actuelle. Cette nouvelle exclusion des institutions de savoir françaises contemporaines, paraît réitérer l’exclusion historique des femmes hors des institutions occidentales qui ont dispensé les savoirs –universités, académies notamment- comme l’a récemment montré Éliane Viennot . Quel que soit le degré d’intentionnalité qui préside à cette disqualification des œuvres féminines, ce mécanisme assure de fait la domination masculine sur le champ littéraire. Pour mieux comprendre ces phénomènes, il est nécessaire de reconsidérer l’histoire littéraire au prisme du genre, en étudiant la part prise par les femmes dans l’élaboration d’œuvres et plus largement celle de textes qui ont eu de l’influence et proposent une approche singulière. Une histoire littéraire des femmes, de leurs créations et de la réception de leurs œuvres, reste à écrire. Elle met à l’épreuve la construction de nos savoirs disciplinaires, invitant à les renouveler grâce à des réflexions proposées par d’autres disciplines, ou grâce au déplacement dans le temps et dans l’espace qui permettent de mettre à distance les stéréotypes et les préjugés pour faire place à de l’insu.

Pour contribuer à cette histoire littéraire des femmes, on s’intéressera particulièrement à la manière dont les femmes qui écrivent réfléchissent à leur rapport avec la littérature en lien avec la question de la visibilité et de l’invisibilité. Comment la littérature représente-t-elle la visibilité et l’invisibilité des femmes dans la réalité, les contraintes qui s’exercent, les choix possibles ?  La dimension visuelle, vectrice de connaissance et de reconnaissance prend une dimension particulière dans le domaine de la création. Créer est d’une certaine manière produire des représentations qui sont autant de miroirs de l’identité de la créatrice ou du créateur qui se réalise, s’actualise dans ces productions. L’identité auctoriale se fabrique au carrefour des œuvres et de la vie telle qu’on la livre aux lecteurs comme aux lectrices, ou telle que le public s’en empare. Déclarations théoriques, mais aussi procédés d’écriture, personnages, motifs, choix des genres littéraires, peuvent offrir autant de représentations d’une conception de l’écriture, de la manière dont elle reflète la réalité et dont elle la subvertit, dont elle cultive les héritages savants et dont elle invente formes et savoirs nouveaux.
À travers la littérature, on questionne ainsi le rapport des femmes à la création et à l’invention qui produisent les textes. Le refus de donner une place paritaire aux œuvres des femmes en littérature doit être mis en perspective avec la minoration de la place des femmes dans l’histoire des inventions et des créations dont le Dictionnaire universel des créatrices  a fait justice. Il réitère l’ancienne interdiction faite aux femmes de se consacrer aux arts et aux savoirs. On sait qu’elle s’accompagne d’une réduction exclusive à la procréation physique. Or dans la conception médico-philosophique de la première modernité, la procréation s’effectue dans un corps de femme réduit à la passivité puisqu’il ne transmet rien, un corps dont l’imperfection se marque par le fait que les organes de la reproduction soient restés à l’intérieur alors qu’ils s’extériorisent chez l’homme . La procréation est un mystère dont la femme n’est qu’un réceptacle, de sorte que la création artistique féminine apparaît toujours comme une obscénité, une violence faite à cette représentation genrée de la première modernité de la reproduction. Le projet de cette journée d’études rencontre ainsi les problématiques travaillées à une autre échelle (pluralité d’aires géographiques et linguistiques, pluridisciplinarité) dans le projet « Visibilité, invisibilité des savoirs des femmes », porté par Caroline Trotot MCF à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée femmesavoir.hypotheses.org. Il permet de mieux comprendre les mécanismes de visibilité et d’invisibilité dans leurs dimensions concrètes et métaphoriques. Il met aussi en lumière les liens entre les savoirs et les créations. Enfin, il propose de concevoir comme complémentaires des approches plutôt sociologiques ou historiques et des approches esthétiques.
Si pour Pierre Bourdieu, le champ littéraire était un champ de forces représenté à partir des métaphores de la physique, il sera peut-être aussi après nos travaux un terrain agricole fertilisé par de nouveaux travaux.
Les communications d’une durée de 25 mn pourront ainsi porter sur :
-La réception des œuvres écrites par des femmes en langue française et leur place dans la transmission des savoirs.
-La représentation de la littérature, de la création, des savoirs dans les œuvres de femmes francophones.
-L’identité auctoriale des écrivaines de langue française. Comment la persona d’autrice est fabriquée par le texte, reconnue par la société ?
-La représentation de soi par les femmes de lettres