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Appels à contribution

Journée d’étude « Constructions et déconstructions des paysages dans le monde hispanique »

Université Paris-Est Marne-la-Vallée,  Vendredi 3 mars 2017


Organisée par Joséphine Marie, EA 4120 LISAA, équipe interne EMHIS

Cette journée aura pour objet d’interroger, dans leur variété, les dynamiques d’appréhension et de création de nouveaux paysages, au fil de l’histoire des mondes hispaniques. Dans cette perspective le paysage, qui fait « image », conformément ou non à des codes de représentations dominants, peut être lu tout autant comme le lieu d’inscription d’une plastique paysagère, que comme le lieu d’un savoir, notamment d’un savoir technique. Interroger l’évolution des fonctions et des modalités du paysage, son rôle et sa place, dans les discours, les arts, ou sous d’autres formes, c’est donc aussi envisager l’élaboration de nouveaux savoirs et de visions nouvelles, à travers des processus de déconstruction ou de déplacement des représentations anciennes, des normes et des canons, tels qu’ils ont pu être établis au sein des sociétés envisagées. Il en est ainsi, par exemple, de ce « paysage-trace » (E. Glissant) que l’on retrouve dans les littératures postcoloniales, lesquelles octroient une fonction historique au paysage, alors devenu forme d’exhumation d’une mémoire occultée. Celui-ci, n’est plus un marqueur identitaire, mais le vecteur de la réélaboration du discours historique, et le lieu d’une refonte, à partir d’une brisure identitaire originelle.

Au cours du temps, quelles formes de savoirs le paysage, qui s’inscrit à l’articulation du voir et du dire, en particulier dans le texte littéraire, a-t-il précisément permis de produire, de construire ou de déconstruire ? Dans quelle mesure et comment a-t-il souvent été envisagé comme le truchement privilégié d’une nouvelle appréhension du réel ? Alors que les arts se sont progressivement détachés de sa fonction mimétique, quelles formes prend-il et quelles fonctions lui accorde-t-on aujourd’hui, à une époque où diverses « géo-poétiques » se multiplient ? Quelle place lui confère-t-on au sein de réalités nouvelles, dans un monde complexe où le « fait urbain » est dominant comme, par exemple, en Amérique latine ? La réflexion intéresse ainsi une pluralité de questions (la liste n’est pas exhaustive) telles la représentation et la description dans les arts, l’émergence d’espaces identitaires nécessaires à la (re)contruction culturelle et politique des territoires, l’errance et les faits migratoires, ou encore l’intégration culturelle et spatiale des « minorités », dans les divers processus d’urbanisation. La notion de paysage, peut donc être abordée depuis les modalités classiques de sa théorisation (approche culturaliste d’Alain Roger, approche phénoménologique de M. Collot et de sa « pensée-paysage »), mais aussi dans sa polysémie et ses nombreuses potentialités. Considérer les paysages, ce n’est pas seulement envisager l’immensité ou la variété de la nature, ou encore les formes de sa présence/absence dans sa possible représentation. C’est aussi, par exemple, parcourir des paysages urbains, des paysages politiques ou encore des paysages culturels. Les travaux de chercheurs, notamment en littérature, histoire, géographie ou encore iconographie et cinéma, permettraient, en effet, de croiser les approches et de confronter les points de vue autour de cette thématique. Cette journée est donc ouverte aux spécialistes de champs disciplinaires, d’aires géographiques et cadres chronologiques divers.

Les propositions de communication (environ 200 mots) doivent être adressées avant le 20 janvier 2017 à :
Joséphine MARIE josephine.marie@u-pem.fr